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Au CHU de Toulouse, une nouvelle technique pour traiter les varices sans anesthésie



Les CHU de Toulouse et Dijon sont les seuls centres en France à tester une nouvelle méthode d’ablation des varices. Cette alternative aux traitements classiques est indolore et ne nécessite pas d’anesthésie.

Depuis une petite dizaine d’années, des techniques mini-invasives de destruction des varices (veines anormalement dilatées) ont pris le pas sur la chirurgie classique. C’est le cas de la sclérothérapie, qui consiste à scléroser la veine malade en y injectant une mousse, et de l’ablation thermique qui vise à détruire la varice par la chaleur. Dans les deux cas, une anesthésie locale est nécessaire, pour diminuer la douleur mais aussi pour séparer la veine des tissus qui l’entourent et donc ne pas abîmer les nerfs.

Une autre voie thérapeutique est désormais proposée. Sans anesthésie et sans douleur. Les CHU de Dijon et de Toulouse viennent de s’équiper du dispositif ClariVein® et l’utilisent depuis le mois de janvier.

« Il s’agit d’un traitement pharmaco-mécanique. Un dispositif médical jetable constitué d’une bille rotative (3 500 tours/minutes) permet d’injecter un produit sclérosant à l’intérieur de la paroi de la veine. On démarre le plus bas possible, près de la cheville, et on remonte jusqu’à la racine de la jambe. Le traitement se fait en redescendant, lorsqu’on referme la veine. Le patient ressent une vibration, comme lorsqu’un téléphone portable vibre dans une poche », explique le Dr Wassim Mokkadem, médecin vasculaire au CHU de Toulouse Rangueil (1). L’intervention se fait sans anesthésie et sous échographie pour vérifier la bonne fermeture de la veine. Le patient, équipé de bas de contention, peut se lever tout de suite et rentrer chez lui. Il est revu dans les deux à quatre semaines pour une échographie de contrôle.

L'insuffisance veineuse concerne 18 millions de Français

Près de 18 millions de Français souffrent d’insuffisance veineuse. Cette maladie chronique se caractérise par une difficulté du retour du sang des jambes vers le cœur et se manifeste par une sensation de jambes lourdes, des fourmillements, des crampes musculaires nocturnes, un gonflement des mollets, des chevilles ou des pieds. L’excès de poids, la sédentarité et certains métiers impliquant une situation debout prolongée, l’hérédité familiale sont des facteurs de risques. 80% des personnes souffrant d'insuffisance veineuse sont des femmes. En l’absence de traitement, les complications peuvent s’avérer graves : ulcères variqueux, thrombose veineuse profonde (phlébite) ou embolie pulmonaire. Les traitements ne suffisent pas, ils s’associent au port de bas/collants de contention et à une hygiène de vie.

Pas de limite de taille

«Cette technique qui détruit la veine de manière mécanique ne nous limite pas sur la taille de la varice à traiter et évite le risque de destruction des structures nerveuses. Nous avons un peu de recul avec des données anglaises et hollandaises qui montrent des veines toujours bouchées après 5 ans », conclut le Dr Wassim Mokkadem qui a déjà traité 5 patients pour un objectif de 30 à 50 patients par an. « Ce dispositif n’a pas vocation à remplacer les autres techniques mais il élargit l’offre, surtout lorsque les varices sont prises en charge tôt », poursuit le médecin. Un programme hospitalier de recherche clinique est en cours de montage avec le CHU de Dijon pour en faire l’évaluation.


(1) Service de médecine vasculaire du Pr Alessandra Bura-Rivière au CHU de Toulouse


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